Le Tarot au cinéma. (3) Star Wars

Le sens caché des fims

Star Wars (la guerre des étoiles)

le cheminement initiatique

Episode 5 : « l’Empire contre attaque »

entre déterminisme et liberté : la question du choix

Cela fait longtemps que certains me demandent d’écrire sur cette saga sachant que je la cite régulièrement dans mes cours sur le Tarot. Si vous faites parti des rares personnes à avoir évité cette vague planétaire, ce phénomène transgénérationnel, alors je vous invite à vous plonger dans cet univers sans tarder !

En effet, cette série de 6 films de science-fiction a touché nombre de spectateurs de tous âges depuis les années 70 et a largement influencé l’histoire du cinéma, sans parler de notre société contemporaine qui en a constitué un référent culturel incontournable. Car Star Wars reprend dans sa trame narrative nombre de récits classiques et fondateurs tels que la geste arthurienne, la mythologie grecque et l’épopée sanscrite du Mahabharata.

Je ne vais pas pouvoir discourir hélas sur la totalité de la saga réalisée et surtout conçue et produite par Georges Lucas, car cela nécessiterait un livre entier pour en faire l’analyse à l’aune du Tarot. Cependant il y a une scène dont je voudrais porter à votre attention et qui à mon sens forme la clé de voûte de l’ensemble des films. Cette scène mémorable se trouve dans l’épisode « l’Empire contre attaque », c’est celle du duel entre Dark Vador et Luke Skywalker où celui-ci apprend que celui qu’il combat n’est autre que son père. Souvenez-vous de cette célèbre réplique : « Luke, je suis ton père » qui provoque un désarroi et une surprise totale au jeune héros, sans oublier nous-mêmes qui nous identifions à ce personnage idéaliste et charismatique.

 

 

 

 

 

 

 

La posture vaillante du héros !

Luke Skywalker c’est notre Bateleur du Tarot, celui qui apprend à devenir un chevalier Jedi, celui qui apprend à devenir un sage (apprenti-sage). Un débutant dynamique, enthousiaste, chanceux, spontané, inventif et candide. Tout comme dans le Tarot, celui-ci part dans une quête qui va le dépasser. Au départ il s’agit pour lui de conquérir la galaxie, de devenir un héros victorieux, mais en cours de route il va devoir traverser l’ombre et se confronter à une question existentielle. Qui suis-je réellement? Suis-je véritablement libre de faire mes propres choix ? Ou bien est-ce le fruit d’un conditionnement ? De programmes inconscients en lien avec une histoire familiale oubliée voire refoulée ? D’un héritage généalogique et génétique ? Suis-je un maillon balloté dans une série d’évènements dont l’origine m’échappe ? Suis-je enchaîné à une histoire répétitive et incessante si ce n’est infernale, un cercle vicieux dont je crois naïvement dominer le déroulement implacable ?

L’affrontement du père et du fils.

Et oui vous l’aurez compris ce thème nous rappelle les enjeux représentés dans l’arcane 10 du Tarot : la Roue de Fortune. Arcane qui nous parle du samsara, du destin, de l’impermanence, de la condition humaine entre ascension et chute, entre acquisition et perte. Vous remarquerez que dans cette scène, Georges Lucas en fin connaisseur du langage symbolique, place les deux protagonistes devant des cercles à l’esthétique de rosaces et de mandalas ! Pour la petite histoire sachez que pour concevoir son récit, Lucas a consulté Joseph Campbell, professeur, éminent spécialiste de la mythologie du héros. Donc point de hasard dans le choix des décors ni dans l’articulation de cette fable.

 

 

 

 

 

 

 

 

Décors en Roue de Fortune.

A ce moment terrible ou un secret lui est révélé, Luke se retrouve face au constat amer que tout ce qu’il a entrepris dans son itinéraire héroïque n’est certes pas le fruit du hasard mais est motivé par une source inconsciente, un karma familial. Les scénarios de la vie se répètent. Son père lui tranche la main, tout comme lui-même, on le sait dans l’épisode 2, l’a eu tranchée dans sa jeunesse, avant qu’il ne tombe dans le côté obscur de la force, avant qu’il ne devienne cette machine froide et machiavélique.

 

 

 

 

 

 

 

Sous le masque du Diable, sous le casque de Dark Vador : Hanakin Skywalker, un ancien Bateleur corrompu.

Le personnage fascinant de Dark Vador renferme toutes les composantes de l’arcane 15 du Tarot : il incarne magnifiquement le Diable. Le Diable c’est celui qui aveuglé par la puissance de son esprit, par l’intelligence et le pouvoir de la pensée se perd dans les méandres sophistiqués de l’intellect et dérive de sa quête originelle. Il en oublie ses intentions premières et tire un avantage factice, un intérêt illusoire de ses pouvoirs. Car au départ ce Diable a été un Bateleur plein de belles promesses.

Ainsi dans cette scène fatale se reproduit l’ultime tentation à laquelle avait déjà succombé Dark Vador, lorsqu’il enjoint son fils à pactiser avec lui. Rejoindre le côté obscur de la force semble l’unique choix qui se propose à Luke piégé par son destin !

 

 

 

 

 

 

Luke pendu, dans le vide.

Or que fait-il ? Il renonce, il lâche prise, il accepte de perdre. Luke ne peut en entendre plus et se laisse tomber dans le vide. Sa chute est interminable. Il est aspiré par un système d’aération et finit sa course suspendu à une antenne, sous la Cité des Nuages. Le voici donc en position de Pendu, dans une impasse, la main coupée symbolisant son impuissance, il n’a plus aucune prise sur les évènements. La solution alors se trouve ici dans le non-faire et la connexion à son âme profonde.

Ces deux arcanes Roue de Fortune et Pendu sont reliés et forment une dialectique dans le Tarot. Ils symbolisent tout le mystère et l’enjeu philosophique de notre existence. Ces deux lames sont miroirs car lorsque l’on les associe, 10+12, on obtient 22, la totalité des arcanes majeurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le non-faire et le lâcher-prise du Pendu tel un yogi.

 

 

 

 

 

 

 

Un mandala chrétien  où les anges actionnent la manivelle!  La roue de la vie (Samsara) des tibétains.

Je crois que le message philosophique véhiculé par le Tarot est résumé dans l’articulation de ces 2 lames. Elles sont à étudier ensemble, de manière complémentaire et en intégrant l’idée du paradoxe. Car, avec celles-ci on est en présence du questionnement entre le déterminisme et le libre-arbitre. Je vous invite à prolonger cette réflexion dans laquelle nous mènent ces deux lames que tout oppose. D’un côté on apparaît en petits singes passant d’un état à un autre de la réussite à l’échec, tes des petits pantins, des marionnettes tributaires d’une loi universelle, celle de la cause à effet. Je suis responsable de mes actes et je n’ai qu’à m’emparer de la manivelle que me tend implicitement cette lame. C’est ce que semble me faire croire le Tarot à ce niveau du cheminement. Je me crois libre d’agir selon ma propre volonté. Mais, les aléas de la vie, signifiés par le tournoiement de la roue, m’enferment dans un destin programmé dont je n’ai pas conscience. Pourtant, on vit cette lame comme l’occasion qui nous est donnée de prendre en main notre existence.

Or, d’un autre côté, avec le Pendu, la vie m’est montrée comme une impasse, une expérience frustrante qui m’est imposée, il n’y a rien à faire. Je me débats, prisonnier d’une situation que je n’ai pas voulu, obligé à regarder le monde à l’envers, la tête en bas, à faire de mon échec et de mon incapacité une occasion d’être victorieux sur les illusions du monde. Je trouve la liberté en lâchant prise sur mes attentes.

Il est donc question avec ces deux arcanes de trouver la voie entre l’action, la détermination, le vouloir et l’acceptation, l’abandon, l’être.

L’enseignement de son maître spirituel Yoda n’est-il pas celui d’apprendre à se positionner en Pendu ?

Adopter la posture du Yogi, du méditant n’est-il pas la solution ?

Que la force soit avec vous! Fidèles lecteurs...suite au prochain épisode!

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Commentaires (3)

1. Louis Mouchet (site web) 08/08/2011

Très pertinente analyse:

La Force est avec vous!

2. anonyme 26/09/2011

Des idées originales. I like it.

3. Cedric 23/08/2012

Des points de vue très bien présentés.

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