Le désert: un espace de liberté

 Depuis mon retour de ce prodigieux séjour dans le désert, j'entends toutes sortes de commentaire. Et puis je ressens combien ce désert m'habite à chaque instant. Il est en moi. Mes impressions, mes sensations m'ont enrichi si profondément que cela constitue une référence, un repère relié à une vérité profonde intacte. Ce que j'ai pu expérimenter est au-delà de ce que j'avais pu imaginer ou fantasmer.

On me dit: "Cette immensité, ça me fait peur" - "Ces gens du désert vivent dans des conditions extrêmes, ils doivent être durs" - "Cela doit être inconfortable, le vent, les bestioles, la chaleur, bof..." - etc.

Bref des croyances, aussi ai-je senti le besoin de rétablir des vérités.

picture-003.jpgJ'ai vécu un autre voyage initiatique au Népal. J'ai pu expérimenter à cette occasion les éléments, l'immensité des hauts plateaux himalayens et un peuple, les Sherpas. Ici les conditions sont rudes, les vallées à 3000 mètres d'altitude vous coupent le souffle, c'est vertigineux, l'espace s'ouvre majestueusement face à nous et l'on peut toucher l'incommensurable. Les népalais sont de grands enfants, joueurs, rieurs, coriaces, tout déplacement demande une condition physique surélevée, nous avons rencontré beaucoup de malades, des gens abîmés par la vie.

 Rien de tout cela dans le désert!

C'est un univers féminin, rond, faits d'obliques et de courbes, l'ocre, la couleur du sable offre douceur et réconfort,  la vie fourmille partout, des scarabées débonnaires aux lézards qui se faufilent avec agilité, les plantes verdoyantes et fleuries se nichent dans les creux et les bosses du désert.

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C'est loin d'être agressif ou inquiétant. C'est un espace chaleureux relativement paisible qui nécessite une certaine tranquillité, de la patience et de se laisser porter. On peut même s'y perdre par attirance et fascination, car les inclinaisons des dunes au fur et à mesure que l'on avance nous désoriente et notre perception visuelle s'en trouve bousculée. Oui je me suis perdue et comme le petit Poucet, perdu dans la forêt de son inconscient, moi de même j'ai plongé au coeur de l'être, ivre de sensations, au bout d'un moment, je ne retrouvais plus le chemin du campement, bon, j'ai fait demi-tour et suivi les traces de mes pas qui commençaient à s'effacer. Rien de grave, en fait. Le désert est un magnifique miroir de nos inconscients.

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Les dromadaires ont une démarche chaloupée, lorsqu'on les montent ils nous bercent avec grâce. Les nomades sont des êtres attentifs, bienveillants, attentionnés, qui marchent en caressant les arbrisseaux avec leurs mains ou les pierres de leur pied, amoureux du désert, ils jouissent d'une certaine protection. Amor nous a dit le désert, c'est comme un cercle où ils peuvent échapper aux lourdes contraintes des traditions familiales, les mariages arrangés, etc. C'est vrai, on est libre dans le désert. les hommes du désert sont des hommes féminins, c'est-à-dire qu'ils ne mettent pas en avant leur virilité bien qu'ils usent de séduction auprès de ces dames/ gazelles, ils sont sensuels, tout en simplicité... Ils sont sereins, posés, sensibles, Belladj, Mohamed, le chef du camp et Hazem. Des guides superbes de générosité, touchants, portés par la grâce. Je n'oublierai jamais la marche de nuit en silence et sans lumières avec Mohamed, en véritable traqueur chamanique, la main dans la main d'Annie, merci Annie, ce fût un moment magique avec toi, j'étais ton guide, j'ai appris grâce à Mohamed à guider avec confiance....

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