Jung

Le vilain petit canard décrypté

Voici un nouveau format des vidéos que je poste régulièrement sur ma chaîne youtube "La psy de Sophie". Désormais je décrypte les contes oralement. Voici le vilain petit canard jolie parabole sur le processus d'individuation. Si ça vous parle, merci de liker, de vous abonner et de partager !

Hansel & Gretel décrypté

Voici la dernière vidéo publiée sur ma chaîne Youtube "La psy de Sophie". Que signifie le conte Hansel et Gretel ? Plongés dans la forêt, 2 enfants vont devoir affronter un archétype féminin ambivalent... Que raconte cette histoire du double visage de la vieille mamie ? Sur quoi porte la résolution du conte ? Réponse dans cette courte vidéo. N'hésitez pas à liker et à partager !

Jung et son intériorité

Voici ce que relate une patiente de Jung :
Au cours des dernières années, Jung passait trois semaines dans sa maison de Küsnacht et la quatrième dans la tour de Bollingen. Je m’y rendais alors tous les mercredis pour le travail. Le lien intime de Jung avec la nature s’y manifestait d’une tout autre manière qu’à Küsnacht. Ce lien n’avait rien de commun avec une exaltation romantique : c’était chez lui un authentique enracinement dans sa terre, une communion avec le paysage environnant. Bollingen apportait par-dessus tout à Jung une chose : le silence. Jung était un grand silencieux, de même qu’à d’autres moments il était un conteur intarissable. Les deux se complétaient. La plongée dans une introversion profonde était pour lui une nécessité vitale. C’est d’elle que jaillissaient les forces secourables et vivifiantes. Les pensées créatrices prenaient forme dans le silence intérieur et extérieur. Jung aimait particulièrement écrire dans sa tour. Les simples occupations rustiques constituaient la récréation ; elles lui faisaient du bien, de même que l’absence d’obligation et d’étiquette.
Bollingen tour marie louise von franz
En arrivant à Bollingen, j’entendais souvent de loin le bruit du marteau et du ciseau avec lesquels Jung travaillait la pierre. Les thèmes de ces reliefs s’étaient imposés à lui de façon surprenante. La surface brute des grosses pierres de taille de la maison lui montrait des figures, comme on en découvre dans les nuages ou les taches d’encre, et  leur contour devenait le schéma d’un relief qu’il se mettait aussitôt à sculpter. On y voyait la tête rieuse du trickster auquel Jung trouvait une ressemblance avec Balzac, ou une forme féminine nue tendant les mains vers une jument – « Pégase », expliquait-il faisant allusion à la constellation de Pégase qui accompagne le signe du Verseau. A côté apparaissait un ours avec une boule, et aussi un serpent. Ainsi la pierre vivait.
(…)

Un jour pendant que je rassemblais mes affaires pour repartir, je vis à mon grand étonnement Jung se baisser et regarder le lac d’en bas, comme font les enfants quand ils veulent voir « le monde à l’envers ». Là-dessus il m’invita à l’imiter. Je n’étais guère en humeur de le faire, pourtant je m’exécutai et je vis à mon tour le paysage renversé.

Aniela Jaffé - C.G. Jung et la voie des profondeurs (La Fontaine de Pierre)

Il est évident que Jung savait faire vivre sa part profonde, ce qu'il nomme le Soi, dans des temps d'intériorité. Sa tour étant son lieu refuge, un peu comme sa grotte, il fonctionnait en mode "Hermite" et ce régulièrement en alternant avec des phases de sociabilisation. Pour info, il faut savoir que Jung porte la carte de l'Hermite en passage obligé dans son thème de naissance. C'est donc qu'il avait compris intuitivement la nécessité de s'isoler pour réfléchir, opérer des gestations, contacter son âme profonde et se relier à sa source. Le fait de sculpter la pierre devait faciliter la dynamique d'intériorisation et d'introspection.

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Ce qui est particulièrement amusant dans cette anecdocte, c'est le fait qu'il invite sa patiente à regarder le monde à l'envers à la manière d'un "Pendu". Il mettait donc en pratique le principe philosophique de cette carte. A la façon d'un Yogi, il inversait son point de vue. D'ailleurs, il conduit Aniela Jaffé à faire de même. C'est vraiment interressant, car encore une fois son thème en fait l'ecco à travers la carte de la Maison Dieu en Emblème. La tour on la reconnait dans cette carte. Jung a vraiment appliqué l'archétype moteur qui le dynamisait. Mais le plus drôle dans cette histoire, c'est qu'il apparait aussi une évocation du Pendu qui regarde le monde à l'envers avec les 2 petits personnages qui tombent de la Tour ! Voyez cette magnifique concordance entre le thème de naissance de Jung et la réalité de son existence !

Je suis toujours soufflée par les liens que l'on peut faire entre le Taroscope, issu du calcul de la date de naissance et la vie des gens. C'est un outil formidable qui permet d'agir en collaboration avec les principes puissants qui nous animent.

Pour plus d'infos sur le Taroscope cliquez sur le lien suivant : Le Taroscope

Si vous souhaitez connaitre le thème de naissance de Jung, le voici : Carl gustav jungcarl-gustav-jung.docx (1.02 Mo)

La Reine des Neiges décrypté

Que nous raconte la Reine des Neiges ? En quoi est-il si puissant dans l'imaginaire des petites filles? Voici une vidéo pour l'illustrer :

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L'archétype du Soi

Aussi longtemps que le Soi n’est pas incarné, c’est-à-dire aussi longtemps qu’il n’est pas relié à la conscience, son action, comme celle de tout contenu archétypique inconscient, est tour à tour salutaire et destructrice. Sa capacité individuante reste virtuelle. Il ne naît véritablement qu’en passant "de l’état potentiel à l’état actuel" par la venue à la conscience de ses contenus.
Nous créons en quelque sorte le Soi par la prise de conscience de contenus inconscients en même temps que nous avons "la révélation" d’un être qui préexistait au moi, qui était son créateur et son intégralité. Dans cette prise de conscience, le moi perd l’illusion de son autonomie, ce qui le délivre de l’enfermement dans une subjectivité surévaluée tout en l’établissant dans le sentiment juste de l’importance de son rôle. Le centre de la personnalité ne coïncidera plus avec le moi, mais sera figuré par un point à mi-chemin entre le conscient et l’inconscient. Ce point sera le centre de gravité du nouvel équilibre et correspondra à un recentrage de la personnalité globale, ce qui conférera à celle-ci "un fondement nouveau". C’est là, pour l’individu, la réalisation de lui-même en même temps que la réalisation de son Soi. La prise de conscience de l’archétype du Soi, se fait à travers l’émergence du  symbole. Le symbole est le Soi en acte.
(…)
Ombre soi
D’une façon générale, le symbole peut être défini comme une conjonction  d’opposés psychiques (par exemple du différencié et du primitif, du spirituel et du sensuel, du bien et du mal…), qui se produit lorsque le moi, en "violente désunion" avec lui-même, forcé de reconnaître sa  participation inconditionnée à chacun des opposés, se trouve suspendu entre eux, dans un état de tension extrême et de paralysie vitale.
L’inactivité de la conscience entraîne alors un reflux de l’énergie qui réveille l’activité de l’inconscient où toutes les fonctions différenciées ont leur source archaïque commune, et cette activité de l’inconscient met à  jour un contenu constellé autant par l’un des opposés que par l’autre, l’unilatéralité de chacun se trouvant compensée par la présence de l’autre dans ce nouveau contenu. Celui-ci, dans lequel les puissances opposées s’unissent dans une pente d’énergie, est le symbole, tierce réalité qui participe à la nature de l’une et de l’autre et qui est donc une forme "libre d’opposition".
Le symbole libère le moi de la dissociation et de la prison des contradictions insolubles en lui révélant dans la psyché un dynamisme créateur qui agit par l’union des contraires, ce qui pourrait être une définition de l’archétype du Soi. C’est par le symbole que s’établit la relation entre la conscience et l’archétype du Soi et il est même juste  de dire que si cette relation ne constitue pas le Soi, elle seule permet au Soi de "s’actualiser", de se réaliser. L’expérience du symbole, ou du Soi, est fondatrice, unifiante et transformante : le moi ne se perçoit plus comme autonome et isolé ; il ne se perçoit pas non plus comme opposé ni soumis au Soi, mais comme "adjoint" au Soi et tournant  en quelque sorte autour du Soi comme la Terre autour du Soleil.
 
C.G. Jung - Dialectique du moi et de l’inconscient (Folio)