Sophie Brarda Tarologue et Artiste
Depuis mon retour de ce prodigieux séjour dans le désert, j'entends toutes sortes de commentaire. Et puis je ressens combien ce désert m'habite à chaque instant. Il est en moi. Mes impressions, mes sensations m'ont enrichi si profondément que cela constitue une référence, un repère relié à une vérité profonde intacte. Ce que j'ai pu expérimenter est au-delà de ce que j'avais pu imaginer ou fantasmer.
On me dit: "Cette immensité, ça me fait peur" - "Ces gens du désert vivent dans des conditions extrêmes, ils doivent être durs" - "Cela doit être inconfortable, le vent, les bestioles, la chaleur, bof..." - etc.
Bref des croyances, aussi ai-je senti le besoin de rétablir des vérités.
J'ai vécu un autre voyage initiatique au Népal. J'ai pu expérimenter à cette occasion les éléments, l'immensité des hauts plateaux himalayens et un peuple, les Sherpas. Ici les conditions sont rudes, les vallées à 3000 mètres d'altitude vous coupent le souffle, c'est vertigineux, l'espace s'ouvre majestueusement face à nous et l'on peut toucher l'incommensurable. Les népalais sont de grands enfants, joueurs, rieurs, coriaces, tout déplacement demande une condition physique surélevée, nous avons rencontré beaucoup de malades, des gens abîmés par la vie.
Rien de tout cela dans le désert!
C'est un univers féminin, rond, faits d'obliques et de courbes, l'ocre, la couleur du sable offre douceur et réconfort, la vie fourmille partout, des scarabées débonnaires aux lézards qui se faufilent avec agilité, les plantes verdoyantes et fleuries se nichent dans les creux et les bosses du désert.
C'est loin d'être agressif ou inquiétant. C'est un espace chaleureux relativement paisible qui nécessite une certaine tranquillité, de la patience et de se laisser porter. On peut même s'y perdre par attirance et fascination, car les inclinaisons des dunes au fur et à mesure que l'on avance nous désoriente et notre perception visuelle s'en trouve bousculée. Oui je me suis perdue et comme le petit Poucet, perdu dans la forêt de son inconscient, moi de même j'ai plongé au coeur de l'être, ivre de sensations, au bout d'un moment, je ne retrouvais plus le chemin du campement, bon, j'ai fait demi-tour et suivi les traces de mes pas qui commençaient à s'effacer. Rien de grave, en fait. Le désert est un magnifique miroir de nos inconscients.
Les dromadaires ont une démarche chaloupée, lorsqu'on les montent ils nous bercent avec grâce. Les nomades sont des êtres attentifs, bienveillants, attentionnés, qui marchent en caressant les arbrisseaux avec leurs mains ou les pierres de leur pied, amoureux du désert, ils jouissent d'une certaine protection. Amor nous a dit le désert, c'est comme un cercle où ils peuvent échapper aux lourdes contraintes des traditions familiales, les mariages arrangés, etc. C'est vrai, on est libre dans le désert. les hommes du désert sont des hommes féminins, c'est-à-dire qu'ils ne mettent pas en avant leur virilité bien qu'ils usent de séduction auprès de ces dames/ gazelles, ils sont sensuels, tout en simplicité... Ils sont sereins, posés, sensibles, voici Belladj, Mohamed, le chef du camp et Hazem. Des guides superbes de générosité, touchants, portés par la grâce. Je n'oublierai jamais la marche de nuit en silence et sans lumières avec Mohamed, en véritable traqueur chamanique, la main dans la main d'Annie, merci Annie, ce fût un moment magique avec toi, j'étais ton guide, j'ai appris grâce à Mohamed à guider avec confiance....
Photos: Roselyne Chambaud, Sophie Poulain-Moulinier et moi-même. Merci les filles!
Bonjour mes amis,
De retour du désert je ne peux m'empêcher de partager avec vous cette magnifique expérience avec le groupe du stage, dans cette immensité dunaire et auprès des nomades. C'est au-delà de tous les mots, cependant je vais tenter de vous communiquer en quelques phrases ce voyage extraordinaire.

Au bout d'une piste cahoteuse, conduit par Armor, l'homme en bleu, un touareg à la conduite impeccable, nous tombons en extase face à la rondeur magistrale des dunes.
Dans le campement des nomades, Mohamed, le chef du camp, nous accueille et nous reçois avec attention et une présence bienveillante.
Le vent souffle, gonflera progressivement jusqu'à faire décoller les objets qui ne sont pas ammarrés (la tong de Michèle sera avalée par le désert) et ne s'arrêtera qu'au soir du troisième jour.
Du sable s'infiltre partout, dans tous les orifices du corps, dans les moindres recoins de la tente, la nuit je deviens un être de sable, revouverte par cette poudre d'ocre...
Fabienne va trouver sa Force au fond du désert...


et Jacques son Bateleur...
On se protège comme on peut de ce vent qui soulève des nuages incessants de sable. Ils nous ravinent de l'intérieur. Me voici avec mon chèche sur la tête. Chaque matin nous marchons dans les dunes pendant une heure et demie. A 11h le stage commence, nous méditons au lever du soleil, voire au coucher... ...et le soir autour du feu, nous dansons avec les nomades au son du tam-tam ...


... Roselyne vit sa nature de Mat pleinement.
Agnès en belle Impératrice contemple son royaume de sable, l'espace infini de ses possibilités...

Chantal et Michèle (Hermite et Pape) ont les cheveux qui s'hérissent sous l'action du vent qui génère de l'électricité statique.

Sophie, notre bonne Etoile à tous, a trouvé son animal Totem: le dromadaire...
...Et Annie (Chariot) se fait un nouvel ami, n'est-ce pas mimi? Annie a retrouvé Chewbacca !!!! Que la Force soit avec toi !
... nous avons nommé cette oeuvre collective: "le rivage du Monde" en pensant à l'arcane 21 bien-sûr, la forme d'oeuf nous a inspiré.
Sans oublier Jackie, en Amoureux enthousiaste, qui laisse s'exprimer la joie de créer lors de notre installation land art...Chacun y mettra sa pierre...
Et comme le dit Amor: "le désert, c'est la liberté !"
